Artisanat traditionnel en Tunisie

On retrouve dans les différents souks de la médina plusieurs formes d'artisanat traditionnel dont certains sont pratiqués depuis plus de mille ans.

On retrouve dans les différents souks de la médina plusieurs formes d’artisanat traditionnel dont certains sont pratiqués depuis plus de mille ans.
Les voyageurs parcouraient de longues distances afin de pouvoir se procurer tapis, soies, poteries, céramique ou bijoux

d’argent.
La situation n’est pas très différente aujourd’hui, puisque tous ces items sont très populaires auprès des touristes.
Les Tunisiens eux-mêmes, bien qu’ils adoptent la mode occidentale, sont toujours attachés aux tissus et aux objets traditionnels. Les trousseaux des femmes mariées, par exemple, sont garnis de plusieurs morceaux de linge du costume tunisois.
L’art du tissage de la soie, bien que ce secteur économique soit de plus en plus menacé, est toujours bien présent dans les villes tunisiennes.
Le hram harir est un grand rectangle de soie, généralement de couleur foncée, brodée de fils d’argent. Les femmes les portent en robe, savamment enroulée et nouée autour de leur corps, particulièrement à l’occasion de mariages et de cérémonies religieuses.
On retrouve aux souks une variété de foulards que les femmes utilisent toujours pour agrémenter leurs coiffures. Cependant, les rda et les ajar, qui constituaient le voile imposé par l’Islam, ne se font plus depuis l’époque de l’Indépendance.
Le tissage du coton et de la laine s ont aussi des arts très répandus et un marché d’exportation toujours très lucratif. Rideaux, couvertures et tapis sont offerts dans une variété de motifs et de couleurs. Il est intéressant de remarquer que si le tissage de la soie et du coton a longtemps été un métier d’homme, ce sont les femmes qui sont expertes dans le tissage de la laine.
Traditionnellement, elles y vaquaient à l’intérieure de la maison, afin de fournir les vêtements et les couvertures pour la famille. Poissons, dromadaires, fleurs et hirondelles ornent souvent les différents morceaux de laine, tous associés à une certaine forme de protection divine.
Le port des bijoux est aussi fortement associé à la protection divine.
Les bijoux tunisiens traditionnels, d’or ou d’argent, sont gravés de multiples motifs. Les femmes se procuraient différents morceaux déjà ciselés de motifs variés, anneaux, chaînes, pendentifs et se confectionnaient leurs propres bijoux.
Aujourd’hui, la fabrication des bijoux occidentaux en Tunisie est très présente. Les principaux lieux de fabrication sont Tunis, Sousse et Sfax.
Un des arts tunisiens les plus anciens, datant d’avant même l’Antiquité romaine, est la céramique. On fabrique principalement de la vaisselle de luxe, services et urnes, ainsi que les carreaux de céramique qui serviront à constituer les merveille uses mosaïques dont, selon l’adage, la Tunisie entièrement serait pavée. Les urnes et la vaisselle sont peinturées de motifs géométriques alors qu’ils sont encore chauds.
On retrouve aussi une autre forme de céramique moins prisée mais qui autrefois garnissait les maisons de toutes les familles tunisiennes. Il s’agit d’une poterie moins raffinée, exempte de motifs peinturés, où les pots conservent leur couleur de terre cuite.
Recouvertes ou non de vernis, ces pots conservaient huile, grains, pâte, viande salée ou dattes pour de longues périodes. Bien que cette forme d’artisanat se fait de plus en plus rare, certains quartiers de potiers étant désormais complètement abandonnés, certains conservent la tradition et offre une variété étonnante de produits. On peut donc toujours se procurer ces poteries traditionnelles à l’intérieur des médinas.